Monsieur le Premier Ministre,
Le 12 novembre dernier, à la sous-préfecture d’Altkirch, nous avons eu une entrevue avec M. André Vallini, secrétaire d’Etat à la réforme territoriale, lors de sa visite en Alsace.
A cette occasion, nous lui expliqué la situation en Alsace et notamment le refus massif du peuple alsacien de voir son conseil régional disparaître dans la méga-région « Alsace – Champagne-Ardenne – Lorraine » (ACAL). Nous lui avons également remis le courrier ci-joint
M. Vallini nous a indiqué que les élections régionales auraient valeur de référendum et que le gouvernement prendrait en compte le résultat des élections régionales pour décider de l’avenir de l’ACAL.
Notre liste « Non à l’ACAL, oui à nos régions » a recueilli près de 70.000 voix et obtient près de 11% des voix, malgré le contexte national difficile. Nous avons ainsi confirmé que nous sommes la 3ème force politique en Alsace, position que nous avons atteinte aux dernières élections départementales. Nous devançons ainsi le Parti Socialiste ainsi que toutes les formations de gauche. Notre parti atteint à nouveau des scores dépassant les 20% dans les zones rurales ou frontalières.
Vous trouverez ci-joint une analyse du quotidien régional « Dernières Nouvelles d’Alsace » qui indique clairement que le résultat en Alsace est un double rejet de la réforme territoriale. Une partie importante du vote de rejet de l’ACAL s’est ainsi reportée (à tort) sur la liste du Front national, qui fait campagne de façon très opportuniste contre la réforme territoriale. Votre gouvernement porte ainsi une lourde responsabilité dans le score du Front national, parti dont nous réprouvons les idées xénophobes et jacobines.
Cette semaine, vous avez appelé les électeurs à soutenir la liste Richert (Républicains) afin de faire barrage au Front national. Nous considérons que ces consignes de vote resteront sans effet tant que votre gouvernement ignorera les attentes du peuple alsacien et restera sourd à son exaspération.
Aussi, nous vous demandons d’envoyer un signal fort aux électeurs en vous engageant maintenant à organiser un référendum sur l’avenir institutionnel de l’Alsace et, plus précisément, en donnant la possibilité aux Alsaciens de créer une collectivité territoriale unique, comme 58% des électeurs l’avaient demandé en 2013.
Dans cette attente, veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses.
Andrée MUNCHENBACH
Présidente
Jean-Georges TROUILLET
Secrétaire général et porte-parole
Tête de liste « Non à l’ACAL, Oui à nos régions »